Orphelins de Duplessis

le 24 mai 1999


Manifestation des orphelins de Duplessis à l'hôpital Louis-H. Lafontaine - Les victimes demandent au Premier Ministre Bouchard leur réadmission à l'hôpital psychiatrique

C'est aujourd'hui que les orphelins de Duplessis ont manifesté afin d'être réadmis dans les asiles psychiatriques où ils furent élevés et internés illégalement durant leur enfance. Par ce geste, les orphelins de Duplessis réclament que justice leur soit rendue. Le Gouvernement refuse toujours de s'engager sur la voie d'une reconnaissance concrète de ses torts et l'Eglise catholique, représentée par le Cardinal Turcotte, se retranche toujours derrière un mur de silence. Les victimes présentes avaient en main leurs dossiers médicaux. Ces dossiers qui encore aujourd'hui les qualifient de débiles mentaux, furent falsifiés dans les années 1940 à 1960 par les médecins à l'emploi des communautés religieuses. Précisons que le Collège des médecins maintient un silence suspect sur ces tristes événements.

Une étude réalisée récemment par la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM a démontré que les communautés religieuses recevaient des subventions gouvernementales plus élevées pour la garde d'un enfant qualifié de malade mental que pour un simple orphelin. Selon les chercheurs, le profit financier joua donc un rôle dans la classification d'enfants normaux en débiles mentaux. Par ailleurs, le Protecteur du citoyen du Québec, Me Daniel Jocoby, qualifiait ``d'injuste et d'humiliante'' l'offre d'un fonds d'assistance, à peine 1 000 $ par orphelin, que M. Bouchard annonçait en mars dernier. Par le fait même, le Gouvernement Bouchard rejetait le principe de réparation individuelle. Rappelons que les quelque 3 000 orphelins de Duplessis comptent parmi les gens les plus vulnérables de notre société. Presque tous les orphelins de Duplessis ont perdu la chance de vivre une vie normale, une carrière et une santé mentale non perturbée par des souvenirs d'abus lors de leur incarcération. Ils désirent mettre un terme à leurs souffrances. Ils veulent que le Gouvernement Bouchard fasse pleine lumière sur les abus dont ils furent les innocentes victimes. Ils demandent que l'Etat et l'Eglise reconnaissent enfin leurs torts et leur responsabilité et qu'il y ait réparation pour les préjudices subis. Ils réclament une compensation financière pour les années passées en captivité dans des asiles psychiatriques où on cessa de les éduquer, contrairement aux lois de l'époque, et où ils subirent de nombreux sévices corporels et psychologiques. Le Québec est la seule province au pays qui ne l'a pas encore fait.

Une étude de l'Université McGill réalisée en 1997, a comparé l'état de santé des orphelins de Duplessis avec celui d'un groupe de citoyens à faibles revenus (10 000 $ et moins). On a trouvé des différences significatives entre les deux groupes. L'étude a démontré que tous les indices de santé des orphelins, par exemple l'indice de stress, celui des maladies chroniques, du suicide ou des problèmes personnels étaient pire que ceux du groupe de comparaison. Ainsi 54 % des orphelins de Duplessis avaient sérieusement pensé au suicide dans le passé contre 16,9 % du groupe de comparaison composé de gens pauvres.

``Il faut que cesse ce scandale.'' a déclaré Bruno Roy, président du Comité des orphelins de Duplessis et de poursuivre : ``Le Gouvernement du Québec et l'Eglise en sont responsables. Le Gouvernement est tributaire des bonnes décisions du passé tout comme des mauvaises décisions. M. Bouchard se doit d'agir rapidement.''

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