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ORPHELINS DE DUPLESSIS

le 1er novembre


ANNONCE D'UN COMITE D'APPUI POUR LA JUSTICE AUX ORPHELINS DE DUPLESSIS

Ses membres critiquent les positions du Gouvernement, de l'Eglise et du Collège des médecins

C'est aujourd'hui, lors d'une conférence de presse au Centre Saint-Pierre, qu'on a annoncé l'appui de plusieurs personnalités et témoins du temps à la cause des orphelins de Duplessis. Leur but : que les victimes d'internement illégal dans des asiles psychiatriques obtiennent justice. Regroupés, sous le nom du ``Comité d'appui pour la justice aux orphelins de Duplessis'', une initiative du Dr Denis Lazure, ils ont apporté des preuves historiques qui ont permis de démontrer la validité des demandes d'indemnisation. Les membres, à ce jour, sont :

Dr Denis Lazure, psychiatre à l'hôpital Louis-H. Lafontaine. Il fut ministre de la Santé au Gouvernement du Québec, co-auteur en 1962 du Rapport de la Commission d'étude des hôpitaux psychiatriques. Dr Lazure a dit ``Je suis déçu que mes anciens compagnons d'armes péquistes aient oublié leurs revendications faites en 1991 et 1992 en faveur des orphelins de Duplessis au gouvernment. Alors dans l'opposition, nous réclamions des excuses pour les victimes, une enquête publique et des compensations. De plus, il a déclaré, A l'époque, les dirigeants de l'Eglise étaient bien au courant de la situation ainsi que les médecins et le ministère de la Santé.''

Hon. Jacques Hébert, ancien sénateur, un membre fondateur et ancien président de la Ligue des droits de l'Homme, et auteur d'un livre sur un orphelin de Duplessis dans les années 50. Il a soutenu les affirmations du Dr Lazure, s'appuyant sur des articles publiés à l'époque, dont ceux du journaliste Gérard Pelletier ainsi d'Alice Parizeau (Poznanska), qui dénonçaient en 1964 dans Cité Libre la situation dans un texte intitulé : ``La protection de l'enfance, un sujet interdit'', M. Hébert a prouvé que la situation était déjà fort bien connue.

Dr Dominique Bédard, président de la Commission qui produit le Rapport de la Commission d'étude des hôpitaux psychiatriques en 1962 et directeur général de la Psychiatrie et Hygiène mentale au ministère de la Santé du Québec de 1962 à 1971. Le Dr Bédard a voulu manifesté son appui en déclarant : ``Les enfants de Duplessis ont été victimes d'une grave injustice. Et aujourd'hui, à moins d'un changement majeur, ils seront victimes d'une autre injustice, plus grave à certains égards : le refus d'une reconnaissance `pleine et entière' de la première.''

Dr Jean Gaudreau, psychologue et professeur titulaire à l'Université de Montréal, Faculté des Sciences de l'Education et auteur d'un document portant sur ses observations faites en 1961 au Mont-Providence a voulu répondre au président de l'Assemblée des Evêques du Québec, Mgr Morissette, qui en conférence de presse le 15 septembre dernier, à la question d'un journaliste : ``Etiez-vous au courant de ces faux diagnostics ?'' a déclaré : ``Je n'étais pas là, je ne peux pas répondre à cela''. Dr Gaudreau lui a rétorqué : ``Moi, j'y étais et voici ce que j'ai vu...'' A suivi la description de sa première rencontre avec un patient : un enfant de cinq ans, en camisole de force et attaché à un lavabo. De plus, il a expliqué qu'on rencontrait souvent des enfants qui, aux épreuves, obtenaient des quotients intellectuels de l'ordre de 105 ou de 110.

Léo-Paul Lauzon, professeur titulaire de la Chaire d'Etudes socio-économiques de l'UQAM, co-auteur d'une étude intitulée : ``Aspects économiques liés à la problématique des Orphelins de Duplessis'', étude qui démontre clairement la motivation financière du gouvernement et des communautés religieuses dans ce drame. Pauline Lefèbvre, 81 ans, mère d'un orphelin de Duplessis, a apporté, en réponse aux affirmations des évêques, un touchant témoignage décrivant le sort des ``filles-mères'' à l'époque et les pressions sociales de l'Eglise.

Etait aussi présent, à titre de conférencier seulement, M. Guy MacDonald, directeur des Enquêtes au bureau du Protecteur du citoyen du Québec. Il est venu rappeler qu'une solution existe pour régler ce dossier telle qu'exprimée clairement depuis plus de deux ans dans le rapport du Protecteur du citoyen. Rapport qui fut approuvé unanimement par la Commission des institutions.

Par ailleurs, était présente Nicole Filion, première vice-présidente de la Ligue des droits et libertés, afin de réitérer l'appui de son organisme au Comité des orphelins de Duplessis.